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Moi, je sais d'où souffle le vent. Ecrits sur la danse.
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20 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 2. Niels, vos malaises...

 

 

Niels Lindhardt, qui est venu à New York pour danser, se sent très affaibli physiquement; il est tourmenté aussi. Pourquoi ne se confierait-il pas sur ses déboires? A Albany, l'écrivain Daniel Webster est prêt à l'écouter, même si son écoute est dangereuse...

-Vous êtes tellement pâle...Ne restez pas debout. Asseyez-vous.

Niels obéit presque mécaniquement et se rassit sur le lit. Il avait peur sans savoir pourquoi. La voix de Webster était un peu basse, prenante.

-Ces malaises...Mais il y a une autre raison...N'est-ce pas ?

-Je me borne aux avis médicaux.

-Allons, Niels, Diane peint des villes fantômes ou errent des hommes à tête d'animaux et j'ai réalisé un film sur une petite fille qui voulait s'emparer d'un piano dans le ciel, vous voyez un peu où vous êtes d'autant que dans mon roman à paraître deux vagabonds travaillent de riches Américains qui n'existent peut-être pas...Dites moi ce qui se passe...

-Un fou doit parler à des fous ?

-Je crois bien.

Niels se sentait perdu. Cet homme pouvait aussi bien l'aider de façon désintéressée que le manipuler mais tout lui échappait à partir du moment où il n'était plus ce jeune Dieu de la danse à qui tous les hommages étaient dus. Il se lança.

-Mon père est mort brutalement il y a des années. Je ne l'aimais pas.

-Au moins, vous en êtes conscient et n'essayez pas de vous persuader du contraire. Continuez.

-Je n'ai pas de vrai contact avec ma mère...

-Vous n'êtes pas le seul.

-Elle m'aime mais c'est une femme faible...malade...

-En ce cas, il est préférable que vous soyez loin. Et puis, vous restez en contact, non ? Continuez !

-Au Danemark, j'ai été aidé par une femme, une ancienne ballerine. Elle est tombée amoureuse de moi et moi, je me suis rétracté...La différence d'âge, cette séduction qu'elle pensait avoir...

-Eh bien quoi ? Elle a joué avec le feu. De toute façon, qu'est-ce que vous auriez fait avec elle ?

-Tout de même, je lui dois beaucoup. Je suis égoïste.

-Elle est sans doute mariée. Dans ces cas-là, les femmes voient leur époux d'un nouvel œil. Et puis, si elle est fière, son amour propre lui a dicté quoi faire...Elle s'est remise.

-Mais alors, pour vous, il y a une solution à tout...

-Quoi ? Elle vous aimait...A la bonne heure ! Il faut être bien armé pour tomber amoureux de vous, jeune Dorian... Poursuivez...

 

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20 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 2. Diane et Daniel.

 

 

Les Webster : aisés et esthètes...

Désemparé car il ne sait d'où vient la maladie qui le ronge, le danseur Niels Lindhardt se rent à Albany, chez deux artistes : Diane et Daniel Webster. Une danseuse l'accompagne. Niels veut juste se changer les idées. Il ignore qu'il n'est pas là par hasard.

L'un et l'autre étaient à l'abri du besoin. Leurs parents avaient en leur temps acquis des biens immobiliers qui, à leur mort, étaient revenus à leurs enfants. Orphelins de bonne heure, les jeunes Webster n'avaient jamais manqué de rien. Toutefois, leur aisance matérielle, qui auraient pu faire d'eux des rentiers, ne les avaient pas empêché de se mettre au travail et de ne jamais se satisfaire de peu...

Les premiers jours, Diane promena Liza et Niels afin qu'ils puissent se faire une idée de la ville et sachent où trouver des cafés sympathiques. Pour le reste, elle les laissa libre de leur emploi du temps. La jeune danseuse s'installa souvent dans l'atelier de Diane, pour la voir peindre mais Niels, s'il la suivit, ne put rester longtemps. Il se sentait épuisé. Au bout de deux jours d'ailleurs, il fit un malaise et il fallut appeler un médecin. On lui conseilla un grand repos.

 

20 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 2. La faire sortir de toi...

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A Albany où Niels est venu avec une amie, le danseur Niels Lindhardt fait la connaissance de Diane Webster, une femme peintre, et de son frère Daniel, qui écrit des romans. Ce dernier s'intéresse à Niels, persuadé qu'il est qu'une femme est entrée en lui et s'apprête à le dévorer...

Si Niels avait été plus maître de lui, il aurait remarqué que Webster le dévorait des yeux et affichait clairement le désir physique qu'il avait de lui mais il était tout à son affliction et paraissait plus démuni que jamais.

-Non, tu restes ici quelques temps car j'y séjourne et nous faisons le nécessaire....

-Mais comment...Comment est-elle entrée ?

-Tu ingères de la nourriture, tu entends des sons, tu respires...

-Par...

-Oui, les voies naturelles, encore qu'à mon avis, elle n'est pas entrée par là...

-Et par où ?

-Tu aimes faire l'amour, Niels. Ne te répands-tu pas dans le sexe d'une jeune femme quand l'envie t'en prend ? Et je ne parle pas de ce que tu fais avec un de tes amants...

Niels resta coi mais Webster poursuivit.

-Elle t'a ensemencé en quelque sorte et ne crois pas que ses buts aient été vils au départ. Elle voulait ton grandissement et ton triomphe, seulement elle-même est réduite à rien. C'est difficile pour elle, ce paradoxe...

Daniel s'était redressé et il tendait ses lèvres vers celles du jeune homme effondré. Celui-ci se laissant faire, il put l'embrasser longuement avant de l'aider à se déshabiller et quand Niels fut nu, lui-même retira ses vêtements.

-Qu'est-ce que vous faites ?

-Ce qui est à faire Niels...juste ce qui est à faire...

Même amaigri, le corps du danseur restait beau, la peau du torse notamment étant somptueuse. Daniel admira le bel ovale du visage, le nez droit et le bleu des yeux, passant outre la pâleur du teint et les cernes. Il fit s'allonger Niels et le couvrit de baisers puis, après l'avoir longuement préparé, il le pénétra. Quand il le fit, le danseur eut un tressaillement et parut avoir mal mais Webster, en amant passionné, refusa de se retirer de lui et lui fit longuement l'amour. Ce n'était que la première d'un grand nombre d'étreintes à venir. Au bout du compte, il le savait, cette pianiste avide lâcherait prise...

-Cela ne suffira pas, vois-tu ? Tu devras me suivre à New York. Je la ferai partir. J'ai ce qu'il faut pour ça. Et crois-moi, elle a affaire à quelqu'un de plus fort qu'elle, elle partira...

Il y avait de quoi être perplexe car c'était une discussion de fous mais Niels sentait qu'il n'avait pas le choix. Il s'était trompé. Alexia, qu'il avait cru dangereuse, était vulnérable et Irène, qu'il connaissait très mal, maléfique. Toutefois, il restait encore convaincu qu'il irait mieux et s'en tirerait. Aussi défia t'il Webster :

-Chez vous, ce serait pour longtemps...

-Oui.

-Ah vraiment ? Non, je ne pense pas...

-Tu ne penses pas ?

-Je sais, vous êtes déçu.

L'ombrageux Daniel eut un rire froid.

 

20 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 2. Monica ? Irène ?

 

 

Pourquoi Niels va t'il si mal ? C'est qu'il est vampirisé. A Albany, l'écrivain Daniel Webster le confronte à la réalité.

-J'ai vécu à Cannes. Je prenais des cours de danse...

Il se mit à dire Monica, l'académie Fontana rosa et cette femme, cette pianiste. Irène Diavelli.

Les questions de Webster étaient précises et elles s'enchaînaient vite. Niels s'était assis dans un fauteuil brun et, la tête dans les mains, il répondait avec la plus grande précision aux questions de l'Américain qui, les mains serrées l'une contre l'autre, marchait de long en large. Le questionnaire s'étirant, Niels se demanda s'il aurait une fin. Elle arriva cependant et Daniel conclut de façon incisive.

-C'est elle.

-Elle ? Vous voulez dire Alexia Hubbe ?

-Non, cette Irène quelque chose...

-Madame Diavelli ?

-Elle vous possède. Elle est entrée en vous, vous l'avez compris ?

-Entrer en moi ! Mais non !

-Mais si, Niels ! Aucun rêve ? Aucun signe ?

Daniel avait l'air très agité. Il parlait avec autorité, ses yeux brillant étrangement.

-Si cela est vrai, je ne comprends pas. Elle me voulait du bien.

-Ah certainement ! Elle voulait que tu réussisses, oui mais tu as touché le sommet et elle ne sait que faire.

-Quoi ?

-Elle veut être ton histoire mais tu infléchis celle-ci de telle façon qu'elle refuse ta version des faits. Tu t'en fiches d'elle. Tu veux faire un beau mariage, envisages de tourner dans des films pour accroître ta notoriété et tu ne fais guère de sentiment en ce qui la concerne …

 

13 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. A Couteaux tirés.

 

Séduire Niels, c'est l'arracher à l'idée qu'il se fait d'Irène Diavelli. La lutte est âpre mais fascinante...

Daniel ne se démonta pas.

-Moi-aussi. Avec toi. Nous allons chez moi.

-Non, il y a longtemps que nous nous sommes vus et j'ai...

-Tu as ?

-Changé.

-Permets moi de vérifier...

Niels chargea.

-J'ai été souffrant puis moins. Je ne vous ai jamais contacté. C'est clair, non ?

-Elle te suffisait.

-Oui, c'est exact. C'est toujours la cas. Irène Diavelli est un modèle pour moi. Du reste, nous échangeons beaucoup. Nous nous téléphonons, nous écrivons.

Webster prit un air ahuri, toussota puis pouffa de rire.

-Niels, tu n'es pas beau joueur !

-Vous n'acceptez pas cette vérité !

-Mais quelle vérité ! Elle est dans le comas, ta Diavelli. Cela fait des mois et des mois. Une clinique en région parisienne. C'est arrivé tout d'un coup. Nul ne sait si elle se réveillera. Des lettres et des coups de fil, Niels ?

-Vous êtes un manipulateur. Je vois bien que...

Webster fondit sur lui :

-Je peux prouver ce que je dis. Il y a eu des articles de journaux sur elle. Tu n'es pas au courant ? Non, bien sûr. C'est ta conception de l'amour, de l'admiration. Une statue en plâtre, une photo, une bougie...Mais la réalité, surtout pas...

-Ce n'est pas possible.

-Si, ça l'est.

Niels soupira. Webster le dévorait des yeux et cette insistance qu'il avait à le faire, loin de l'irriter, le troublait au delà de tout.

-On le prend ce taxi ? On va à Brooklyn ?

-D'accord mais je ne serai pas long.

Il n'était pas crédible. Daniel le lui fit savoir en lui lançant un regard ironique. Dans le taxi, le danseur s'efforça de regarder droit devant lui mais Webster lui prit la main une première puis une seconde fois, lui passa un bras autour des épaules puis l'embrassa longuement. Niels tenta vaguement de se dégager puis s'abandonna à la science de cet amant qui l'avait si violemment troublé. Il embrassait fort bien...

 

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10 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Niels : enfermement, litanies, nuits...

 

Daniel l'installa dans l'autre chambre et le laissa seul avec ses fantômes intérieurs.

-Je ne dors plus avec toi ?

-Non.

-Tu viendras...

-Tu plaisantes, j'espère ! Ta cheville est plâtrée. Dans quel monde vis-tu ?

Mortifié, Niels, qui n'avait pas le droit de recevoir des appels, resta à la merci de son amant qui fermait toutes les portes à clé quand il quittait l'appartement. Il devrait contrer ses fantômes, la pianiste surtout et il leur livra bataille. Il reçut d'étranges traitements, dut réciter d'incompréhensibles prières et manger des aliments que son amant chargeait positivement. Dans l'obscurité de la chambre où il se sentait abandonné, le danseur peinait à rester intact. Deux forces colossales s'opposaient et il était l'enjeu. Il se plaignit.

-Je n'y arrive pas...

-Mais si ! Tu vas mieux.

-Ma cheville se remet un peu.

-Je ne parle pas de ta cheville. Je vois que tu as compris. Là, tu m'obéis.

-Tu ne veux pas...

-Quoi ! Non mais quelle obsession ! Je te lave, te soigne, je te nourris, je viens t'aider dans tes devoirs et tu es là à quémander une étreinte...

Niels baissa la tête et se pinça les lèvres. Il était d'une beauté réelle mais défaite qui excitait les sens de Webster. Il faudrait le faire attendre encore et là, il livrerait ce qu'il retenait encore...

-Je vais devoir t'attacher les mains cette nuit encore, tu irais te caresser et je vais t'installer dans le salon avec moi le jour. Comme ça, je serai bien sûr que tu ne fais rien...

Au fil du temps, l'esprit de Niels s'éclaircit.

La mère dépressive s'éloigna de lui tout comme la fantasque mais calculatrice Alexia. Deux folles, deux hystériques. Monica, qui représentait une bienveillance temporaire, fut oubliée.

 

13 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Tu es venu ! Tu devras respecter tes engagements !

 

DAVID

2. Appartenir à Webster.

Irène, comme consciente qu'il changeait devint si étouffante qu'il n'y tînt plus. Il avait encore le vent en poupe, ne commettait pas de faux pas mais était jalousé. On guettait les failles. Un jour, il ferait une vraie faute...

-Bonjour, si je viens aujourd'hui, vous serez toujours d'accord ?

-C'est ta décision : tu viens ?

-Oui.

-Ne te l'avais-je pas dit ?

-Si, vous aviez raison.

Webster, quand il le vit dans l'encadrement de la forte, frémit d'une joie secrète.

-Tu vas garder tes engagements et je respecterai ta liberté. Tu me fourniras cependant un calendrier précis de tes spectacles et me diras quand tu t'entraînes. Ne déroge pas.

Niels hocha la tête. Il avait posé ses affaires dans le salon et contemplait des orchidées crémeuses que son hôte avait placé dans un vase.

-En dehors de ces obligations, tu mèneras ici une vie stricte et devras te plier à de multiples règles. Il n'y a pas de piano chez moi, comme il y en un chez ma sœur. En guise de musique, tu écoutes ce que je te dis. Tu ne regardes rien sans mon accord : pas de DVD ni de télévision. Bien sûr, tu peux lire. Et encore, je choisis.

Niels, stupéfait, regardait Webster. Ce qu'il disait n'avait aucun sens mais il lui obéirait et le savait.

-Ne pourrais-je rien visiter sans vous ? 

-Judicieuse question, mon Niels. Brooklyn est bien moins laide qu'on le dit. Je ne t'empêcherai pas de marcher avec moi.Je suis un bon guide.Je te montrerai.

-Vous écrirez ?  Vous m'avez dit le faire sans cesse.

-Oui, oui bien sûr. Mais ne cherche pas à voir mes nouveaux écrits.

-Ici, alors, je serai assez libre...

C'était une remarque naïve qui fit sourire le rusé Daniel.

-Je vais être très exclusif et tu n'as pas le choix. Il y a bien de choses que nous ferons ensemble .Les plus importantes concernent le lit. C'est là que tout se jouera...

Que c'était étrange de parler ainsi d'une bonne entente érotique ! Niels ne s'y trompa pas. Ce que sous entendait Webster était grave. Il serait sans cesse caressé, embrassé, pénétré. Il serait arraché à lui-même.

 

13 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Niels : enfermement et sexualité dévorante.

 

L'écrivain Daniel Webster réussit à convaincre Niels, le danseur qu'il convoite, qu'il doit le prendre pour guide. Sa vie n'en sera que meilleure. Niels accepte et pense que tout ira bien...

Les premiers temps furent plutôt faciles. Niels se déplaça seul et se tint à des horaires stricts qui excluait toute rencontre extérieure. Il ne vit plus la jolie Américaine et s'efforça de ne pas penser à elle. Il vit peu ses amis puis plus du tout et devint comme insensible à leurs appels. Une fois, chez Webster, il devint docile. Irène Diavelli malade et inconsciente ne pouvait plus jouer pour lui aucun rôle positif. Webster avait raison. C'est sur lui qu'il fallait s'appuyer...Et de fait, il s'abandonna à lui.

Niels aimait assez l'apparence physique de l'écrivain. Il avait un corps mince mais tout de même musclé, dépourvu de pilosité excessive et à la peau claire mais sans défaut majeur. Son torse était ample et ses mains aux longs doigts effilés, belles et forte. Et puis, cet homme avait l'esprit vif, l'imagination féconde et la parole acérée. Il était cultivé et imposant. Conscient que l'Américain était profondément attiré par lui, il se savait lui-même aimanté. Contre cette attraction violente et totale, il ne pouvait rien. Il fut donc amené à rester cloîtré et inactif. Quand il sortait de sa torpeur, Niels se trouvait face à Daniel qui se montrait très exigeant sexuellement. A divers moments de la journée, ils se caressaient et s'étreignaient et c'était bien tout ce qu'ils étaient capable de vivre. Du reste, quand venaient les périodes de rémission où l'un et l'autre vaquaient à leurs occupations, Niels ne supporta de moins en moins d'être laissé, à lui-même. Il voulait, le sexe de l'amant,car il durcissait vite et longtemps. Comme il était à la fois épais et long, Niels ne pouvait que s'émerveiller des très répétitives mais intenses séances de pénétration auxquelles le soumettait Webster Il n'était pas difficile, quand on subissait des assauts aussi réguliers, de ne pas être comblé, repu même, sachant qu'une telle régularité dans la satisfaction sexuelle, demandait de nouveaux assouvissements...

Il n'avait jamais perçu la sexualité, au fond, que comme un faire valoir qui le renvoyait à sa beauté physique et comme un dû. Il était désiré, trouvait normal de l'être et remerciait ceux qu'ils élisaient en se donnant brièvement à eux. Bien sûr, il y avait ce rêve d'amour avec une jeune Américaine mais ce n'était peut être qu'une naïve espérance...

 

13 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Doutes de Niels. Tout n'est pas terminé avec les Webster.

 

A New York, Niels revoit Diane qui expose...

Toutefois, au fond de lui, Niels doutait que tout fût terminé avec les Webster. Il ne se trompait pas. Il reçut bientôt une invitation pour le vernissage d'une exposition de toiles de Diane, dans une belle galerie de Soho. C'est elle-même qui l'invitait.

Vous semblez sorti de vos ennuis, Niels ! J'en suis heureuse. Venez voir mes œuvres...

Il ne pouvait refuser et se crut assez fort pour s'y rendre seul. Très entourée, Diane, vêtue d'une de ses belles robes aux lignes pures aux couleurs frappantes qu'elle aimait, l'accueillit chaleureusement. Ses lèvres étaient peintes du même rouge que sa robe plissée...

-Je reste quelques jours à New York. Nous devrions nous voir, Niels. Demain, j'ai une place pour Le Lac des Cygnes où vous danserez le prince mais ensuite...

Il rit et fut d'accord. Les toiles de Diane étaient aussi étranges que magnifiques et elles étaient bien plus grandes que celles qu'il avait contemplées dans son atelier à Albany. Il fut ravi de les voir et troublé aussi : ces villes qui ne ressemblaient à nulle autre, ces êtres hybrides, ces couleurs parfois dérangeantes...Manifestement, on encensait Diane et on lui achetait son travail. Il devait exister des yeux différents des siens, aptes à voir dans ses œuvres bien autre chose que ce qu'il y mettait lui-même ou se contentant simplement d'évaluer la valeur de ses tableaux sur le marché de l'art...Niels, lui, ressentait un malaise mais il n'aurait su l'expliquer à Diane Webster. Du reste, il bavarda à droite et à gauche avec quelques inconnus et après quelques verres de champagne, il prit congé. Il était soulagé : Daniel ne s'était pas montré.

Le lendemain, il rejoignit l'artiste peintre avec sa prestation sur scène et ils dînèrent.

-Vous savez, lui dit Diane, vous aviez, quand je vous ai vu, une beauté crépusculaire. Vous étiez défait. Et là, vous rayonnez ! On doit être très amoureux de vous...

 

10 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Rejoindre Niels en Californie.

 

Webster, quant à lui, rongea longtemps son frein. Niels ne cédait pas et il ne voulait pas le poursuivre là où il semblait s'en sortir plutôt bien. Car il avait réellement fondé une troupe et faisait surface ! Tout de même, quand il reçut de l'université de Stanford une invitation à un séminaire d'écrivains, il sauta de joie. C'était la preuve que la singularité de son œuvre était prise au sérieux. Terridge en Enfer, publié à la hâte, plaisait. Daniel avait d'abord pensé sacrifier à la morale, faisant s'opposer un homme mûr et une femme jeune et jolie mais il s'était repris. Cette histoire, c'était une histoire d'hommes, non ? La femme qui y paraissait était une exaltée...

-Stanford ! C'est à Palo Alto. Très bien, Daniel, magnifique. Tu te décides enfin à t'extirper de Brooklyn...

-Je me déplace pour défendre mon œuvre mais il est vrai que je ne vais rarement aussi loin. Sur ma présence, quelle est ta position ?

-Que veux-tu dire par là ? Si je veux te voir, c'est ça ? Oui, si ce n'est que je travaille à San Francisco. Mais, c'est la Silicon valley, donc pas si loin que cela...Tu es logé par l'université, bien sûr...

-Bien sûr.

-Reste quand ton séminaire est fini. Ce sera plus simple pour se voir. C'est une ville superbe. Tu vas adorer.

La voix de Niels était ferme. Elle trahissait un grand contentement. C'est Webster qui disait oui, ce qu'il n' avait quasiment jamais fait. Du reste, il le tint au courant. Il s'était fait prêter un petit appartement à Nob hill, le quartier chic situé sur les hauteurs. Ceux qui y vivaient seraient à Paris aux dates où Daniel viendrait, ce qui était parfait. Qui étaient ces amis ? Webster n'en sut rien pas plus qu'il ne réussit à faire dire à Niels, qui serait très disponible pour l'accueillir, où se trouverait son compagnon pendant cette période. Il fut assuré de faire beaucoup de sorties, d'aller à des spectacles et d'être ébloui. Pour le reste, Niels ne fut pas bavard.

Voyant s'approcher le moment de son départ, Daniel se reprit en main. Il perdit du poids, se remit à faire de l'exercice et fit une croix sur le whisky. Même si les photos de presse étaient flatteuses, il savait s'être laissé aller. Or, Niels rayonnait.

 

 

10 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Passion réactivée.

 

En Californie, l'écrivain Daniel Webster retrouve le danseur Niels Lindhardt. Renouveau d'une passion charnelle.

Déjà, il l'attirait à lui et l'embrassait. Déjà, Niels lui répondait. Ils s'aimantaient comme jadis. Ils feraient l'amour toute la nuit.

Webster, qui avait pu se méprendre sur la réserve de son compagnon, était rassuré. Outre son compagnon attitré, il avait peut-être de nombreux partenaires de son âge. N'étant plus jeune, Lui, Daniel pouvait paraître fade...Il n'était peut-être plus le partenaire que Niels réclamait... Mais non, il était parti prenante.

-Je reste une semaine. On se voit tous les jours. Tu dors ici. Il faut que je te prenne le plus souvent possible.

-J'en ai très envie aussi.

-Niels, tu te souviens...

-Ne crains rien. Je n'ai rien oublié...Je t'en prie, embrasse-moi...

Assez curieusement, tout se passa bien. Niels et Daniel se mirent à beaucoup errer dans une ville splendide où tout était à découvrir. Le sexe revint entre eux, très violemment, les faisant se jeter l'un contre l'autre, s'embrasser, se lécher, se caresser, se prendre. Dans l'appartement, Daniel évitait les lumières fortes pour créer une ambiance étrange. Il avait débarrassé un dressing qui lui servait de salle pour leurs ébats et il y entravait Niels avant de le conduire graduellement au plaisir. A l'extérieur, il laissait le jeune homme trouver des endroits isolés où il arrêtait sa voiture pour ouvrir les vêtements de son amant et le caresser. Délaissant son compagnon, le danseur ne rentra pas chez lui, passant avec Daniel tout son temps. Il avait beau avoir changé, être admiré et affectivement sécurisé, il redevenait celui qui attire et l'autre celui qui prend dans ses filets. Au bout du compte, Niels ne comprenait même plus pourquoi il s'était tellement dérobé à celui pour qui il était fait.

-Il ne servait à rien de t'échapper ainsi.. .

-Non, à rien.

-Mais tu veux rester ici et danser ?

-Oui.

-Fais-le mais n'aie pas de compagnon.

-Je m'en séparerai.

Webster était content car il était parvenu à ses fins. Il avait capté toute l'énergie de celui qui s'était défendu de lui. Bientôt, il reviendrait en Californie pour le voir et Niels viendrait à son tour à New York. Au fond, tout s'agençait merveilleusement et l'un et l'autre firent des voyages pour se voir. Puis,de nouveau, tout fut remit en question.

 

8 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Webster et son étrange roman.

 

 

3. Un roman sulfureux.

Daniel passa des mois à écrire et remania son texte, comme il l'avait dit. Sous couvert de lui fournir un roman totalement inattendu, il avait demandé une avance à son éditeur. La nuit se confondit avec le jour et le jour avec la nuit. Il produisit un roman lourd de sens à l'atmosphère étrange et sulfureuse et le transmit dans les temps à sa maison d'édition. Richard Edwards, son éditeur, fut suffoqué.

-Monsieur Webster, croyez-vous que le récit que vous faites de ce désenvoûtement d'un jeune artiste par un homme mûr soit crédible ?

-Oui, il l'est.

-Peut-être l'est-il pour vous, je ne connais pas votre vie, mais pour les lecteurs, ce sera un peu fort. Le narrateur chasse du corps de ce jeune homme un mauvais esprit qui a pris la forme d'une femme mature en lui faisant l'amour de manière forcenée...

-Oui.

-Il le remplit de sa substance, ce que cette démone ne supporte pas. Je vous résume.

-Oui.

8 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Une maison d'accueil dans le sud.

 

Malade et amnésique, Irène est transférée dans une maison de repos du sud de la France.

A son réveil à l'hôpital, elle n'avait rien compris. Tout était blanc et calme. Elle avait ouvert les yeux et éprouvé une grande surprise. Niels lui demandait de l'aide. Ce n'était rien : il fallait le faire. Ce bel ange, ce Raphaël ! Les infirmières la découvrant une à une s'étaient mises à parler fort et à téléphoner, défaisant le dialogue qu'elle entretenait avec le danseur. La surprise était grande. Au bout de plusieurs années, il arrivait bien qu'un de ces patients plongés dans l'inconscience se réveille mais à priori, ce phénomène surprenait toujours. Irène fit donc l'objet de grands soins. Elle était en quelque sorte une miraculée. On lui fit subir de très nombreux examens, puis on la confia à sa sœur Catherine et à son fils, arrivé en hâte. Tous deux se chargèrent de trouver un hébergement pour elle. La solution se profila avec une amie de jeunesse qui vint la voir. Ayant suivi sa carrière, elle avait su sa maladie. Devenue médecin, elle s'intéressait depuis longtemps à ceux qui, comme Irène, connaissent un traumatisme qui les fait sortir de la vie tout en les y laissant. Tous, en revenant à la réalité, n'avaient pas les mêmes réactions mais en voyant Irène, elle comprit qu'une réadaptation à une vie à Paris serait impossible. Quand bien même elle retrouverait quelques repères, elle aurait peur de tout...

 Elle suggéra une maison d'accueil dans le sud de la France, près de Cotignac, dans le Var. Irène y mènerait une vie tranquille dans un cadre enchanteur. Il y a avait là du personnel médical certes mais la plupart étaient des religieuses qui avaient fait des études.

Cette proposition fit sursauter Catherine. A sa connaissance, sa sœur Irène n'avait jamais eu vraiment la foi et puis, le Var, c'était loin. Pierre, qui n'était pas sans conviction religieuse, trouvait l'idée tentante mais cette Marianne Sauveterre sortait de nulle part. Il n'avait jamais entendu parler d'elle et se méfiait. La Marianne en question avait prévu les attaques qu'elle recevait. Elle montra des photos où Irène et elle avaient dix puis douze ans, et jouaient au sortir de l'école. Jeunes adolescentes, elles étaient encore amies et, séparées par un grande distance puisque Marianne était partie dans le sud, elles s'étaient longtemps écrit. Sans rien ajouter de plus, elle laissa une brochure de l'institution qu'elle recommandait et plusieurs numéros de téléphone où la joindre.

Irène ayant paru heureuse en voyant des photos de Cotignac, on en conclut qu'elle souhaitait y aller. Pierre fit une visite rapide dans des lieux qui lui plurent et il y retrouva cette madame Sauveterre qui se montra très attentive. Après avis médicaux, Irène fut transférée dans cette belle institution varoise où d'emblée, elle fut paisible.

Elle se mit à lire et à marcher. Elle joua du piano et aida au jardin. Confusément, elle retrouva peu à peu des bribes de sa vie, se revit enfant à Paris puis jeune fille quand elle étudiait farouchement la musique. Elle renoua avec ses deux mariages, avec ses succès et ses insuccès passés et au fil du temps, elle put reconstituer son histoire. A quelques détails près cependant. Concernant Cannes, elle retrouva bien dans sa mémoire l'Académie Fontana rosa et l'appartement qu'elle occupait alors. Elle se remémora les six jeunes gens promis à un bel avenir de danseur, pour lesquels elle avait joué du piano pendant les cours mais concernant Anaïs et Niels, elle se souvint juste qu'elle les aimait plus que les autres. Dommage qu'elle les ait perdus de vue !

 

 

29 mai 2023

Paroles de danseur : Patrick Dupond.

Paroles de danseur : Patrick Dupond.
Patrick, au delà du dehors ? D edans : enfance et attente Le 14 mars 1959, il régnait dans l'appartement une ambiance de fête. Un enfant venait de naître, un petit garçon. Nicole était contente : l'accouchement n'avait pas posé de problème. Elle avait...
4 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Webster Irène. Confrontation violente (2)

 

desenvoutement

A Cannes, Webster se heurte à Irène Diavelli qui, selon lui, a envoûté Niels. Il l'intimide...

Elle était hagarde :

-Que je n'ai jamais su ce qu'était l'amour avant Niels ? Cette question ne m'offusque pas. Mes deux maris ont été de bons partenaires mais c'étaient des hommes faits. Aimer un adolescent comme Niels, ce n'est pas la même donne. Mon fils ? Mais bien sûr que je l'aime. Ne confondons pas les plans. Le point de confluence, l'absolu, vous savez ce que c'est !

Il s'avançait vers elle, mauvais.

-Je me moque de votre amour et je veux que vous cessiez d'appeler à vous celui que j'aime.Habiter le corps de Niels un temps était pour vous la concrétisation d'un rêve. Oui, vous vouliez parfaire sa carrière mais vous l'étouffiez. Vous alliez le mettre à mort.

-Jamais.

Webster la gifla.

-Je peux te tuer, ici, Irène, moi, ça ne me fait rien...Et ce sera très facile.

-Vous allez m'étrangler ?

Il rit.

-Quelle femme stupide ! Je jette des sorts moi-aussi et crois-moi, tu ne pourras pas t'en tirer. La médecine ignore ces choses-là. Ma sœur et moi, avons un grand pouvoir.

-Des sorciers.

-Contre une sorcière sans grande envergure...

Elle éclata en sanglot. Webster se pencha vers le fauteuil où, décomposée, elle cachait son visage dans ses mains.

-Tu t'engages à ne plus le poursuivre ?

-Il veut me voir.

-Oh et tu veux le voir, toi-aussi. Soit, il viendra. Dis lui que tu lui joueras Satie. Fais ta gentille. Et c'est tout. Une rencontre, une seule. A chaque tentative pour faire autre chose que ce que je veux, je te frapperai ; Tu t'affaibliras. Et crois-moi, tu cesseras de récidiver...

-Il aurait dû mourir dans un avion pour Boston qui s'est écrasé !

-Il a pris celui de New York ! C'est au moins une belle chose que tu as faite pour lui...Maintenant, laisse-moi.

Et la tirant par le bras, il la guida vers la sortie.

Retrouvant Martine, elle se dit fatiguée mais elle eut assez d'aplomb pour se promener dans Cannes l'après midi et dîner avec son amie le soir. Elle avait mesuré le pouvoir de Webster. Il lui avait pris Niels. Mais elle avait la musique...

 

 

4 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. J'aime ce que je fais mais rêve d'un vrai envol...

 

 

Ce vertige qu'elle a eu, il faut bien qu'Irène en parle au jeune Niels qui a retrouvé sa trace. Tous deux doivent s'apaiser

Elle servit le thé et de nouveau le regarda. Quand il avait vu pareil ange, Webster n'avait qu'une hâte : fondre sur lui. Elle le comprenait. On ne pouvait que désirer l'atteindre ce Niels à la fois si démuni et si fort...

-Ainsi donc, ce n'est pas fini. J'aime ce que je fais mais je rêve d'un vrai envol...

-Ce n'est pas fini, non...

Elle ne voulait pas en dire trop et lui-aussi cherchait ses mots. Elle lui donna si elle pouvait jouer quelque chose pour lui et il choisit Satie. Les Gymnopédies, les Gnossiennes, les Morceaux en forme de poire...Elle avait gardé tout son art. Niels, la tête dans ses mains, écoutait subjugué. Il voulut ensuite les Ballades de Chopin et resta émerveillé. Elle avait raison. L'Envol. Qui était désormais Irène Diavelli sinon la pensionnaire d'une institution pour personnes fragiles. Elle menait une vie réglée, avait vieilli mais dans une salle de spectacle parisienne, on se serait inclinée devant son jeu. A New York et à San Francisco, on aurait fait de même. Elle avait retrouvé ce feu des grands interprètes, ce feu qu'elle avait cru perdu. Elle ne semblait même pas le savoir...Quand elle cessa de jouer, il se leva et applaudit follement. Il savait déjà qu'il allait passer une limite et désobéir à Webster.

-Vous êtes sûre que je reste dîner !

-Certaine, Raphaël. Il y a de quoi vous loger aussi...

-Vous feriez cela ?

-Oh allons, il y a des chambres pour les visiteurs. L'été arrive. Il fait trop chaud. Elles sont peu occupées.

-Eh bien...

Tournant dans la pièce, il trouva sur un guéridon, les deux romans de Daniel.

-Vous les avez lus ?

-Bien sûr.

-Alors, vous savez...

-Je sais. Inutile de me dire que vous aimez le Diable, Niels...

-Inutile en effet.

Il lui offrit un beau sourire.

-C'est un bon écrivain.

Ouvrant un des livres, il trouva l'invite de Daniel.

-Madame Diavelli, Irène....

-Oui, c'était difficile mais ça ne fait rien. Qu'est-ce que ça pourrait faire ? J'ai passé du temps dans les limbes. Il resterait le paradis. Serait-ce si mal ?

N'aurait-elle pas dit cela qu'il aurait renoncé à elle mais ces mots elle les avait prononcés...Il sut alors qu'il ne partirait pas tout de suite....

 

4 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 4. Niels se met à l'écart.

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De retour en Amérique, Niels essuya les foudres d'un amant implacable. Il surprit celui-ci en restant détaché. Il avait réfléchi, devait prendre du champ et voulait partir dans les montagnes. Il négocia son retrait de cette petite troupe à laquelle il était pourtant très attachée et laissa son appartement à Daniel, l'assurant qu'il partait plusieurs mois mais donnerait des nouvelles. Celui-ci médusé fit tout ce qu'il pouvait pour le retenir. Irène, dans le Var, n'était plus une adversaire, il le savait. Alors, quoi ? Mais Niels n'avait rien à dire. Il appréciait à sa juste valeur l'amour que lui portait Webster mais il était appelé ailleurs. Il n'avait rien à dire de plus...

 

Il fut absent onze mois. Dans les montagnes et dans de petites villes de l'ouest, il mena une vie errante mais assez structurée. Il faisait des pauses, travaillait comme il pouvait, acceptant à peu près tout, des travaux agricoles aux emplois en usine ou dans le commerce. Au bout de quelques temps, il repartait. Il était abordable, riait facilement et se montrait curieux de tout, se présentant comme un Européen ayant besoin de prendre du recul qui aimait la nature américaine. Téléphonant régulièrement à Webster au début, il le régala de diverses feuilles de route, n'ignorant pas le fait que cet homme sombre était privé de lui et en souffrait. Puis sa route devint confuse. Il se cantonna dans les montagnes, là où communiquer était difficile. Daniel en fut pour ses frais. Le danseur, quelques randonneurs se souvinrent de l'avoir croisé, silhouette blonde et sportive à l'air pensif, puis plus personne ne le signala. Sa sœur et sa sœur prévenues commencèrent à lancer des recherches et Daniel, horriblement malheureux, le fit aussi. Elles furent vaines.

 

Septembre finissait et dans les montagnes, le temps était encore beau même si les nuits fraîchissaient. Niels était devenu totalement solitaire. Quand décida t'il de faire le grand saut ? Nul ne le sait mais, profitant d'un ciel nocturne particulièrement clair et étoilé, il se mit à danser dans une nature sauvage et silencieuse. Obéissant à une musique intérieure, il inventait peu à peu une chorégraphie harmonieuse que nul spectateur ne pouvait contempler. Il n'était pas loin d'un précipice et le savait mais c'était une nuit magique pour lui où il se sentait aérien.

 

4 juin 2023

Jean Babilée ? Un prince français.

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Avoir des parents nés dans deux pays différents peut parfois brouiller le cours des choses. Je me dis que celui ou celle qui est né de deux artistes espagnols aura un cran d'avance pour compendre tout ce qu'a pu être Picasso. De la même manière, deux...
16 août 2022

Erik.N. Le Danseur. Annexe roman 3.

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Je sens que Dieu me soutiendra moi qui ne suis qu'un homme parmi les hommes, coupable comme eux de bien des erreurs. Dieu veut aider l'humanité et sauvera celui qui perçoit sa présence. Si l'on voulait suivre mon exemple, la mansuétude de Dieu dont je...
16 août 2022

Erik.N. Le Danseur. Annexe 2.

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Je me croyais Dieu moi même, et je me voyais seulement emprisonné dans une bien triste incarnation. Il y avait pourtant des esprits qui me jetaient dans les étoiles et avec lesquels je conversais par des figures tracées sur les murailles, ou par des cailloux...
3 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 4. Niels s'envole, solitaire.

 

Au bord d'un escarpement rocheux, il ne vit qu'un grand vide où, se livrant à un incroyable saut, il se jeta. Sa chute lui parut très graduelle et en effet, il chuta lentement dans le vide avant de remonter brusquement pour gagner les étoiles. D'apparence, elles étaient effrayantes au départ puis de plus en plus belles...Aucune raison d'avoir peur ni froid et toutes de sentir à quel point le bonheur était là...

C'était la Nuit de l'Envol.

On ne trouva jamais de trace de chute à cet endroit, où s'il y en eut, on ne put faire le rapprochement avec la disparition dans les montagnes d'une jeune Européen exalté.

Pourtant, un jeune homme blond qui lui ressemblait de façon frappante fut aperçu le lendemain à Cannes où, visitant les vieux quartiers de la ville, il cherchait une académie de danse au nom de fleur. Personne ne se soucia de lui, qui d'ailleurs, ne faisait que passer. Dans le même temps, ce même promeneur anonyme prenait des photos sur le port de Copenhague, achetait un billet pour un spectacle de Covent garden à Londres, se promenait le long des quais de la Seine un livre à la main ou roulait dans une décapotable rouge sur le Golden gate à San Francisco. A Brooklyn, il cherchait un cinéma qui passait des films américains des années cinquante et en même temps, dans la montagne, son sac à dos posé à terre, il parlait avec un ranger. L'instant d'après, il prenait une douche dans un hôtel du Var, ayant choisi une petite ville où l'agitation de la Côte n'arrivait pas. On le retrouvait à Cotignac auprès d'une femme bien plus âgée que lui, à qui il parlait avec déférence puis dans le lit d'un New-yorkais qu'il respectait. L'un et l'autre l'aimaient et il le savait.

Et pour finir, il se préparait dans une loge où bientôt on viendrait lui rappeler qu'il devait monter sur scène. Il était paré comme un prince et son corps entraîné se préparait à l'exception...Ce serait un triomphe ...

 

7 novembre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 1. Raphaël : quelque chose d'exotique.

 

 

Irène, qui était une pianiste de  concert réputée, a connu la maladie. Ayant quitté Paris pour Cannes, elle joue du piano dans un cors de danse. Les danseurs la fascinent, le jeune Raphaël surtout...

C'était Raphaël cependant qui tenait Irène en haleine. Mince et fin, il avait un corps fait pour la danse et déjà très entraîné. Il n'était pas difficile de voir que sa beauté encore adolescente allait s'évanouir pour donner naissance à une autre, plus affirmée. Cependant, c'est à sa beauté présente que la pianiste s'intéressait. Il y avait en elle quelque chose d'exotique peut-être parce que le jeune homme avait les cheveux d'un blond tirant sur le blanc, et des yeux d'un bleu soutenu. Ses traits,qui deviendraient plus sculptés, étaient encore marqués par la fin de l'enfance et ils étaient harmonieux pour ne pas dire nobles. Ce garçon ne semblait sortir d'une famille très nantie mais il y avait dans son visage une fierté et tel don total de lui-même à la danse qu'on ne pouvait qu'en être interpellée. Au repos, ce visage inspirait un certain respect car il était lisse de toute émotion mais dans le feu du spectacle, il se chargeait d'émotions multiples allant des sourires les plus convaincants à la tristesse la plus poignante. A l'évidence, Raphaël pourrait devenir un grand interprète car la danse résonnait en lui, illuminant les recoins les plus lointains de son être. C'est pourquoi, par ses regards et sa réserve, il semblait signaler à ceux qui tombaient en admiration devant son apparence présente qu'elle irait se modifiant et que ce qu'il était maintenant que passager.

 

7 novembre 2024

La Nuit de l'envol. Partie 1. Cannes. Retour d'Irène sur scène.

 

3.Cannes. Concert. Renaissance.

Le concert rassembla non seulement l'équipe dirigeante de l'Académie mais aussi les élèves qui souhaitaient venir ainsi que leurs familles. On invita bien sûr les notabilités cannoises de façon à ne faire aucun impair. Attendu qu'il convenait de mettre à l'honneur les éléments les plus prometteurs de cette école et ceux qui en avaient la notoriété, le premier rang avait été partiellement réservé aux six jeunes espoirs ainsi qu'à quelques illustres prédécesseurs qui s'étaient illustrés en leur temps sur les scènes internationales. Les jours qui précédèrent son récital, Irène fut fébrile. Toujours entachées de cauchemars violents, ses nuits furent mauvaises, l'amenant à se lever plus tard que prévu et à se coucher tardivement. Elle avait refait le rêve de l'oiseau magique et en était troublée. Ce qui résiste aux interprétations complexes déroute mais ce qui se prête à mille explications faciles perturbe plus encore. Aurait-elle parlé de cette créature de contes de fée qu'on lui aurait fourni les interprétations les plus variées. Elle-même en élaborait quand elle tentait de se rassurer et c'était peine perdue...

 

7 novembre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 1. Musiciens et danseurs.

 

 

Irène Diavelli a connu une enfance toute donnée à la musique puis une vie de pianiste de concert. Après un long silence, elle revient au piano.

A Cannes, elle habitait au bout d'une impasse, à quelques distances d'autres maisons. Personne ne l'avait jamais ennuyée car elle jouait du piano. Ayant décidé de se préparer pendant plusieurs semaines, elle s'immergea dans les Gymnopédies, les Gnossiennes, les Nocturnes et toutes sortes de petites pièces qu'il avait écrites et suspendit toute autre activité à l'exception des séances quotidiennes d'entraînement du petit groupe d'élèves prometteurs. Il lui fut dur souvent de s'arracher à son piano mais elle ne faillit jamais. La promesse de retrouver ces très jeunes danseurs à la barre ou se livrant à des exercices compliquées était un gage suffisant de bonheur pour qu'elle se déplaçât. Elle jouait pour eux tandis qu'ils travaillaient leurs arabesques, leurs entrechats et leurs pliés. Souvent repris par ceux qui les entraînaient et attendaient tant d'eux, les danseurs immobiles écoutaient les conseils donnés, le regard aux aguets et le corps tendu. Ils étaient magnifiques, tout entiers qu'ils étaient dans un présent qui l'instant d'après se serait évanoui puisqu'ils se seraient remis au travail. Irène était fascinée. Elle était aussi surprise de l'être. Elle avait choisi la musique pour qui le temps et l'espace sont plus abstraits, et moins demandé à son corps qu'ils ne le faisaient eux-mêmes. Pourtant, elle découvrait un lien. En s'élançant comme ils le faisaient, les danseurs s'inscrivaient dans un espace particulier entre le ciel et la terre. La musique s'élevait avec eux et suivait leurs retombées. La danse cessait avec l'intrusion du silence, là où la musique n'était plus. A partir de ce moment là, ils cessaient de faire partie du monde de la danse de la même façon qu'elle quittait la mise en lumière que représentait la musique quand elle cessait de jouer. Elle n'aurait pu dire qu'ils étaient de même bord mais elle comprenait que chacun de leur côté, avait mené une lutte sans merci pour dépasser un certain nombre d'obstacles techniques. Enfant, elle avait souffert dans ses apprentissages et jeune fille elle n'avait vécu qu'à travers la stricte discipline qu'un virtuose doit s'appliquer à lui-même. Elle voyait bien tout ce qu'ils avaient fait endurer à leur corps pour arriver à cette maîtrise. Ça avait été un travail solitaire et en cela leur trajectoire se rejoignait...

Irène avait suffisamment d'humour pour comprendre les limites de ce type de contradiction. Personne ne se soucie vraiment de l'apparence physique d'un virtuose même s'il gagne à être beau. Au contraire, le danseur classique est jugé sur ses compétences techniques et créatives mais celle-ci sont liées aux possibilités offertes par son corps qui a tout intérêt à être attractif. Il en va de même de son visage. Tout est donc question de sublimation et dans le domaine de la danse, un interprète au physique disgracieux a peu de chance de plaire à sa Muse...

En attendant, elle quittait ses heures de répétition solitaire pour cette belle salle de l'Académie Fontana rosa où en justaucorps, les jeunes danseurs s'entraînaient en lui envoyant de fulgurantes images de beauté. Et bientôt, elle serait prête.

 

31 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 1. Concert à Cannes. Satie.

 

 

Au premier rang, les six danseurs étaient entourés de notables, sans parler des dirigeants de l'Académie. Voyant à quel point ils s'investissaient pour la danse classique, Irène ne pouvait les ranger dans la catégorie des auditeurs distraits ou de ceux que seul le snobisme motivait. Ils devaient bien être mélomanes ceux-là mêmes qui espéraient que leurs meilleurs éléments danseraient sinon sur du Chopin (choix hautement improbable), du moins sur du Stravinski...

Quant aux adjoints du maire qui, par obligation, étaient venus, elle doutait qu'ils connaissent bien Satie mais comme celui-ci, après avoir été décrié, était désormais très joué, ils ne pourraient qu'admirer.

Mais seuls importaient les six danseurs et Irène savait pouvoir les éblouir ! Les morceaux s’égrenaient, espacés les uns les autres par quelques secondes où le temps s'arrêtait. On s'entre regardait, se souriait, mettait la tête entre ses mains. Et puis, de nouveau, elle jouait. Eux, ils étaient encore très jeunes. Outre ce qu'ils apprenaient au lycée, ils étaient pris en charge à l'Académie sur bien des plans. Aux vacances scolaires, ils participaient à des stages spéciaux. La musique, la littérature, l'histoire de la danse, le travail des grands chorégraphes, on ne les épargnait pas. Il était impossible que la mélancolie savamment retenue de ces pièces de Satie, leur caractère ironique et défait ne les atteignit pas car la danse y était présente. Ils auraient pu improviser sur de tels morceaux mais aussi danser sur des chorégraphies déjà agencées. Et s'ils l'avaient fait, elle était sûre que, de là où la mort l'avait conduit, le musicien secret et retenu qu'il avait été, qu'on avait tant raillé, aurait apprécié d'être témoin de tant de beauté...

Les Gymnopédies ne suffisant pas, Irène avait adroitement ajouté les Gnossiennes et d'autres pièces moins connues. Sachant qu'elle avait répondu avec beaucoup de spontanéité à une demande qu'on s'attendait à voir rejetée et avait travaillé d'arrache-pied sans beaucoup discuter son contrat, les dirigeants de l'Académie Fontana rosa n'avaient pas discuté la programmation de son récital.

Avec les pauses, le concert durait une heure trente. Il serait suivi d'une réception. Irène joua sa dernière pièce. Elle s'intitulait Les Fils des Étoiles et durait onze minutes. Il s'agissait en fait de trois préludes. Satie le facétieux les avait appelés « wagnérie kaldéenne du Sar Péladan ». Mystérieux et poétiques, il lui avait paru adéquats pour être interprétés en clôture de concert, d'autant qu'ils n'étaient pas si connus...

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Moi, je sais d'où souffle le vent. Ecrits sur la danse.
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