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Moi, je sais d'où souffle le vent. Ecrits sur la danse.
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8 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Webster, homme public après son roman sulfureux...

Webster, écrivain encore marginal, estime avoir désenvoûté un jeune homme hantée par une femme maléfique. Sur cette expérience, il a écrit un roman...

L'éditeur se racla la gorge.

-Admettons que ce soit autobiographique...

-Oui ça l'est mais pas exactement cette forme...

-Je ne peux publier ce version, d'abord pour le sujet tel que vous le traitez ensuite pour son écriture qui est bien trop touffue et pour tout dire, maladroite.

Webster, quoique décontenancé, ne se découragea pas.

-Toutefois, ce qui est la base du livre vous plaît ? Je veux dire l'envoûtement d'un jeune artiste par une pianiste aux abois et sa guérison par une sorte d'exorcisme  conduit par un homme mûr ?

-Oui, mais là, c'est une trame bien plus classique.

-Certainement. Je garde le danseur et la femme.

-Et, si je puis me permettre, que vous faites-vous de cet amant-guérisseur ?

-Sa sexualité est gênante, vous avez sans doute raison. Je vais tout réécrire.

-Vraiment ?

-Oui vraiment.

Et il le fit. Il écrivit une manière de roman gothique qui se déroulait au dix-neuvième siècle dans une grande université américaine. Le danseur était devenue un étudiant, la pianiste démente, une femme de la bonne société qui était amené à faire la connaissance de ce jeune et beau boursier et le guérisseur un gentleman solitaire qui menait une vie d'études et de contemplation dans une belle gentilhommière. Il situa l'action dans le Massachusetts et fit de solides recherches tant sur le mode de vie local à cette époque que sur les pratiques universitaires que sur les magies noires et blanches. Sobre dans sa longueur, ce roman avait un caractère flamboyant qui saurait plaire. Pour qui lirait entre les lignes, il était clair que le bel étudiant et le très stylé gentleman s'aimaient chastement mais que c'était faute de mieux. Quant à la femme mûre qui s'était mêlée de désirer un homme jeune, elle ne pouvait, pour l'époque, n'être une pécheresse, une femme à l'esprit égaré que toute morale avait quitté alors qu'elle offrait des symptômes qu'un psychanalyste aurait décryptés. Enlevé, très bien écrit, le roman plut. Toutefois, malgré les mises en garde de Richard Edward, Daniel ne mit pas au rebut son premier texte mais le remania. Refusant de gommer son caractère érotique, il le renforça au contraire. La passion entre ces deux hommes dont l'un voulait sauver l'autre, n'en paraissait que plus brutale et les raisons de la maladie du plus jeune plus obscures. Cette fois, un éditeur plus ouvert que le premier accepta son texte, escomptant que la verdeur de nombreux passages seraient contrebalancées par une analyse sociale habile de la New York d'aujourd'hui et que la possession nettement métaphorique d'un jeune homme soucieux de faire carrière par une femme puissante qui rêvait de le transformer pouvait renvoyer à des situations très concrètes. Il faut dire que le danseur était devenu un jeune acteur, la femme une productrice de télévision et l'homme mûr un scénariste.

Ainsi, en ayant produit sur le même thème un roman historique où le Gothique était une référence très claire et un autre qui était à cheval sur le polar et le roman psychologique, Daniel Webster faisait mouche. On parla de lui plus encore qu'auparavant. Malheureusement pour lui, ce qui s'opérait si facilement dans ses romans, avait échoué dans la vie. Niels lui manquait terriblement et il errait seul dans son bel appartement qu'un temps le danseur avait transformé par sa présence. Pourtant, au début de son séjour en Californie, l'appela souvent, donnant ainsi un gage de son attachement :

-Comment ça se passe ?

-Une ville incroyable ! Et la Californie !

-Tu danses ?

-Non, mais je travaille d'arrache-pied. J'ai déjà été vendeur, barman et là je suis libraire...

-Tu as ton sens commun ?

-Oui. Daniel, c'est toi qui m'as cru perdu pour la danse. C'est faux.

-Ah ?

-Oui « ah ». Je danserai de nouveau. D'ailleurs, tu pourras le constater par toi-même...

 

 

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8 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Cotignac. Irène. Elle avait repéré Niels très jeune.

 

A Paris elle avait repris sa carrière puis était tombée malade. Une enterrée vivante, une vivante morte, voilà ce qu'elle avait été des années durant et c'était tout.

Martine Sauveterre qui cherchait toujours à savoir ce qui était vraiment arrivé à ses patients pour qu'ils perdent ainsi toute conscience, aurait sans doute repéré quelques indices utiles à une meilleure approche d'Irène si elle avait eu connaissance de deux romans américains traduits en français qui abordaient le thème de la possession démoniaque. Un jeune homme brillant mais vulnérable, une femme qui était aux abois et un homme prêt à contrer les forces de l'ombre, voilà qui aurait pu faire naître un sursaut chez Irène. Il lui était arrivé quelque chose de terrible que son amnésie occultait mais qui sait ? L'esprit humain est tortueux, elle finirait par parler...Cette ténacité finirait par porter ses fruits. Et ce serait le cas en effet quand, au terme d'un cheminement tortueux, Irène finirait par rendre limpide tout ce qui était confus...

Irène était depuis deux ans à Cotignac quand le visage de Niels Lindhardt s'imposa à elle. Il était tel qu'il était à dix-huit ans. Un beau visage adolescent aux yeux clairs et à l'expression décidée. Elle eut soudain l'intuition que ses relations avec le jeune homme ne s'étaient pas limitées à Cannes mais que l'un et l'autre étaient restés en contact pendant quelques années. Mais sous quelle forme et pendant combien de temps ?Les souvenirs d'Irène allant se précisant, elle se remémora des articles lus sur ce Niels Lindhardt devenu danseur à Londres. C'était une femme, un Danoise qui parlait dans un magazine. Elle avait repéré Niels très jeune et l'avait beaucoup aidé. Cette femme...Elle revoyait son visage...Oui, une belle blonde au visage un peu marqué par le temps. Le genre à tomber amoureuse d'un danseur très jeune et à...à...Le cœur d'Irène s'était mis à battre violemment. Amoureuse mais à sa manière elle l'avait été aussi de lui, peut-être pas comme cette femme car elle avait eu peu de relations avec lui mais tout de même...Oui, elle avait tenté de suivre sa carrière. Il avait essayé de la voir à Paris, laissant des messages sur son répondeur...Il était vraiment beau...Après Londres, il était parti à New York. Et là, il y avait quelque chose qu'elle n'avait pas supporté...Et elle avait, elle avait fait quelque chose...Mais quoi ? Tout s'embrouillait.

DC2

Elle poussait des cris, elle repoussait des chairs, elle lui faisait du mal, elle l'entendait geindre, se plaindre, tenter de comprendre...

Comprendre quoi ? Elle avait été très malade tandis qu'il dansait et se faisait applaudir...Sauf s'il y avait autre chose...Mais quoi ? Il lui fallut un peu de temps encore pour que tout revint. Boston, l'avion qui s'était écrasé. Elle s'était glissé dans son corps et avait reculé le temps. A l'aéroport, il guettait son vol pour New York. Oui, c'était cela ! Raphaël ! Niels ! Et la-bas, il y avait quelqu'un qui s'en prenait si volemment à lui...

 

8 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Retourner à Cannes. Les traces du passé. Niels.

 

4. Temps d'exil et d'affrontements.

Il arrivait encore à Irène de jouer les Gymnopédies d'Eric Satie car elle les aimait et il y avait toujours quelqu'un autour d'elle qui était heureux qu'elle le fasse. Elle vivait dans une grande quiétude auprès de personnes que la vie avait éprouvée. Elle prenait davantage soin d'elle, se faisait teindre les cheveux et fardait ses lèvres désormais et puis, elle mettait de l'eau de toilette. Ses moyens financiers (elle avait vendu son appartement parisien) lui permettaient de louer une chambre et un salon dans la résidence et elle avait même un petit jardin privatif. Son fils venait en famille de Milan pour la voir et désormais elle était familière de ses petites filles, qu'elle choyait. De toute façon, on la laissait peu seule. Marianne Sauveterre, venait souvent la voir. En Irène, elle aimait l'artiste, amoureuse de la musique et souhaitait qu'elle continue de l'aimer. Elle était depuis deux ans à Cotignac quand il recontacta un danseur auquel elle estimait avoir fait du mal. Il lui répondit qu'il viendrait. Elle l'attendait.

Depuis quelques temps, elle faisait des excursions. Ce jour là, elle voulut aller à Cannes pour un week-end avec Martine et là, elle revit les vieux quartiers qu'elle avait aimés et erra autour de l'académie Fontana Rosa. Le passé lui sautait au visage.

-Comme tout cela est loin !

-Mais c'était beau …

-Ah oui, très beau. Je suis nostalgique de cette partie de ma vie.

L'envie lui prit de s'acheter des livres pour aller les feuilleter à leur hôtel. Il y avait longtemps qu'elle n'avait plu lu de littérature fantastique et pour avoir des idées, elle s'adressa à une jeune vendeuse.

-Eh bien, lui dit celle-ci, si vous n'êtes pas fâchée avec ce qui est macabre, je vous conseille Celui qui était ensorcelé de Daniel Webster. Ça se passe au dix-neuvième siècle, dans une université américaine et c'est très bien ficelé. Une histoire d'envoûtement mais pas conventionnelle...

-Oui, c'est bien. Webster...Je suis ignorante vraiment...Il est connu ?

-Il s'est fait un nom !

-Qu'a t'il écrit d'autre récemment ?

-Il a écrit un autre roman qui se vend très bien Terridge en enfer. Le héros se nomme Rob Terridge. C'est aussi une histoire de manipulation...

-Voilà un écrivain qui choisit des sujets bien lugubres !

-Il écrit magnifiquement.

-Je vous prends au mot.

 Elle ne lut rien à Cannes, occupée qu'elle était à marcher et à se remémorer sa vie ancienne. Elle revit le port, la partie ancienne de la ville et l'académie Fontana rosa qui était fermée pour cause de travaux. Elle dîna dehors avec Martine.

Au retour, puisqu'elle était au calme et avait envie de nouveauté, elle entama la lecture du roman gothique de Daniel Webster et fut suffoqué. Ce n'était rien de dire qu'il avait du talent...Quelle noirceur et soudain quelle lumière ! Ce gentleman versé dans l'art de l'exorcisme était un bienfaiteur ! Le beau jeune homme lui devait son salut et son heureuse vie à venir...

 

8 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Irène face à l'univers romanesque de Webster.

 

 

Irène, en convalescence, découvre l'univers romanesque de Daniel Webster. Elle ignore bien sûr les liens qui existent entre l'écrivain et Niels, le danseur qui l'a tant marquée.

Quant à l'autre roman, elle le trouva très bien écrit mais étouffant. Il fallait avoir de l'audace pour faire passer la guérison du jeune héros par l'abondance de rapports sexuels qu'il avait avec son thérapeute. Tout le texte reposait sur l'enfermement et la frénésie érotique. La nuit était omniprésente. Irène admira le travail du romancier mais resta critique sur la tonalité strictement homosexuelle de l'univers décrit et sur la misogynie qui le sous-tendait...

Sur chacun des livres, figurait une photo de l'auteur. Assez bel homme, ce Webster, mais personnage singulier. Gay à l'évidence mais traçant se route seul. Respecté comme écrivain mais apparemment peu mondain...Intriguée, elle chercha à en savoir plus sur lui. Il écrivait depuis longtemps et cultivait le mystère autour de sa personne. Il avait une sœur nommée Diane, qui était peintre. Irène se renseigna sur elle-aussi. Douée. Univers étrange mais très construit. Elle peignait des villes ou des personnages se promenaient nus. Ils avaient des têtes d'animaux. Elle venait de réaliser une série de portraits où elle reprenait cette dualité. Cette fois, la personne était représentée avec un tête d'animal mais un buste humain. Dans ses bras, elle tenait sa tête humaine. Curieuse démarche. Une douzaine de portraits étaient présentés. Irène les passa en revue. Le dixième représentait un jeune homme torse nu doté d'une tête de faucon. Son visage au teint pâle, aux grands yeux gris-bleu et à la chevelure blonde et bouclé, était d'une beauté troublante. C'était celui de Niels Lindhardt.

Niels...Celui qui s'appelait Raphaël au début. Dieu guérit.

C'était un portrait qui datait de trois ans. Ainsi, le danseur était aux États-Unis et connaissait la sœur de l'écrivain. En poursuivant ses investigations, elle finit par tomber sur une photo où Niels posait entre Diane et Daniel Webster. Une fête quelconque à Albany, dans l'état de New York, il y avait déjà plusieurs années. Le danseur avait l'air fatigué, presque anémié. L'encadrant, les deux Américains portaient beaux et paraissaient presque arrogants...

Des carnassiers...

 

4 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Cannes. Revoir Monica et Anaïs.

 

 

Niels va à Cannes retrouver Monica, la femme qui l'a aidé et Anaïs, qui prenait des cours de danse. L'idée est de comprendre ce qui a pu se passer avec Irène Diavelli.

A Cannes, il avait rendez-vous avec Monica et avec Anaïs, la ballerine de l'Académie Fontana rosa. Monica, qu'il avait un peu délaissée, fut drôle et chaleureuse. Elle avait déménagé, acheté une grande maison et y louait des chambres. Elle y préparait même des repas. De temps en temps, elle jouait encore dans quelques cabarets mais elle préférait en fait écrire de courtes histoires drôles qu'elle publiait à compte d'auteur. Avec Niels, elle fut directe :

-Tu as vu ta mère ?

-Assez froide.

-Ce mariage qu'elle a eu...Elle vous aimait mais la mort violente de ton père et sa maladie... Elle se protège. Et tu dois lui faire peur aussi : si artiste, si romantique...Elle ne sait pas quoi faire avec toi.

-J'ai remarqué.

-Tu es très absolu, Niels, ce n'est pas toujours facile de l'accepter.

Elle voulait qu'il raconte. Il choisit l'axe. De ce qu'il vivait en Amérique, il ne dit que ce Monica était à même d'entendre.

-Une compagnie de danse contemporaine ! Bien, ça !

-On était quatre garçons au départ. On est huit maintenant.

-Des filles ?

-Des danseuses.

-Et un ami ?

-Oui.

-Une relation stable.

-Oui.

Ils déambulèrent dans Cannes et revirent l'Académie Fontana rosa. Sa façade en était modifiée. Elle était devenue moderne.

-Plus personne de ceux que tu connaissais ne travaille là.

-Ah ?

-Autres temps, autres mœurs...

-C'est surtout un centre chorégraphique maintenant. Un lieu pour les festivals de danse.

Pas grand chose à quoi se raccrocher. Restaient les rencontres. Après Monica, il vit Anaïs. Elle venait de quitter les ballets de Monte Carlo où elle avait été heureuse. Cependant elle voulait se marier, avoir un ou deux enfants et une vie stable. Elle avait le tout, dirigeant une école de danse et s'occupant de sa première née. A une terrasse cannoise, elle fut exubérante.

-Raphaël ! Raphaël ! Tu faisais tourner les têtes, toi ! La mienne en tout cas mais pas seulement. Mais rien, rien. Tu avais l'air ailleurs.

-Mais je te trouvais jolie...

-Et cette pianiste qui s'était entichée de toi ! Incroyable ! On en était gênés...Comment elle te regardait...

-Elle était admirative. C'était réciproque. Mais tout cela est loin !

-Tu es partie et elle s'est volatilisée ! Talentueuse mais instable, non ?

-Oui mais fière. Et toujours une grande pianiste.

-Je te l'accorde. De toute façon, je ne sais plus rien d'elle. Et toi Raphaël ? Ça me fait plaisir d'employer ce prénom qui était le tien au départ. On ne doit pas souvent t'appeler comme ça en Amérique. Imprononçable !

-C'est vrai, on m'appelle toujours Niels là-bas.

Ils rirent. Anaïs était restée solide. Ses années sur le Rocher avaient été précieuses car tout en travaillant dur, elle s'était amusée. Douée et jolie comme elle était, Niels était certain que son école ne désemplirait pas.

Restait le plus dur : aller à Cotignac. Mais avant cela, il fallait contenter Daniel.

-Avec ta mère ?

-Laborieux.

-Oh ça peut s'arranger, je peux être adroit par moments...

-Non, Daniel !

-Tu me dis non ! Bon les deux autres ?

-Charmantes.

-Oui, moins centrales dans ta vie.

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4 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Vous pensez à l'envol?

 

En France, Niels retrouve Irène Diavelli apaisée. Lui-même se sent différent. Il veut changer de vie mais aux USA, Webster attend...

Elle proposa un tour de parc puis joua encore pour lui. Ils dînèrent avec d'autres dans une belle salle tendue de jaune. Au soir, voyant que deux messages de Webster l'attendaient déjà, il éteignit son portable et durant les deux jours qui suivirent, il ne le ralluma pas. Ce serait la guerre, il le savait mais il voulait être avec elle. Il avait loué une voiture pour venir la voir et il l'emmena en excursion. Elle se fatiguait vite et il devait prendre soin d'elle. Il aimait le faire. Chez elle, il parlait musique, danse, Provence, fleurs...Ils oubliaient leurs passés difficiles. Il aimerait créer tel ou tel ballet, elle lui suggérait un accompagnement musical. Fonçant les sourcils, il voulait en savoir plus. Elle-aussi.

-Il restera de belles photos de votre passage, Raphaël !

-Je les aime beaucoup aussi.

Ils se parlaient beaucoup. Elle sentait tout. Elle savait l'attention du danseur, la noblesse des poses, la rigueur. Elle savait ce qu'exige la musique...

-Vous allez rester aux États-Unis ?

-Je me suis habitué à y vivre. Mais peut-être que je devrais me mettre en retrait, voir ce que je vais faire...Il y a des déserts, des montagnes...

-Oui, peut-être...Vous pensez à l'Envol ?

-Oui, madame Diavelli.

-Irène.

-Irène.

Quand ils se dirent au revoir, ils étaient en paix. Il était intact et intègre et le savait.

-Vous ne ferez pas attention aux hurlements ?

-Non, Irène.

-Je ferai de même Niels. Merci pour ces trois merveilleuses journées.

Niels reprit sa voiture et ouvrit son portable. Il y avait vingt messages de Daniel. Ne se souciant pas de l'heure, il l'appela à New York.

-Je te tue ! Hurla l'écrivain. Et elle ! Elle !

-Je rentre à San Francisco.

-Moi-aussi. Nous allons nous battre.

-Oui. Oui, je sais bien...

 

4 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Retrouver madame Diavelli.

 

Niels veut en avoir le coeur net : cette Irène Diavelli qu'il a maudite lui voulait-elle vraiment du mal ? Face à elle, il va savoir.

Je vais voir madame Diavelli. Ne fais rien à distance, je t'en prie...Daniel, tu m'entends, je t'en supplie. Tu lui as fait peur déjà, ne t'immisce pas...

-Que tu es insistant, jeune danseur...

-Elle ne mérite plus que tu t'acharnes. Daniel !

-Oui, Niels. J'entends ce que tu me dis. Aie confiance !

Comme toujours avec Webster, il y avait de quoi être perplexe mais Niels eut l'intuition qu'une sorte de trêve serait respectée. Confiant, il confirma son arrivée. Irène au téléphone avait une voix pleine de retenue. Peu après son entrevue terrifiante avec Daniel Webster, elle avait été plus claire avec Martine Sauveterre.  Ce comas brutal, Niels le danseur, une vie perdue et une vie redonnée...Elle ne pouvait faire plus. Aux limites de la science, le récit d'Irène risquait de devenir irrationnel si elle disait tout. Elle lui garda une certaine cohérence et fut elliptique. Si elle ne l'avait pas été, il n'est pas certain que le danseur ait pu se trouver face à elle. Or, il arrivait.

On lui annonça sa venue et Martine le conduisit à ses appartements. Les cheveux gris, vêtue d'une robe mauve, Irène affichait une soixantaine confiante et souriait discrètement. Elle portait des bijoux, avait posé une partition sur le piano et préparé une collation. Il fallait qu'elle soit calme. Niels en entrant, s'arrêta un instant. Elle le regarda avec émerveillement :

-Il y a si longtemps ! L'adolescent de l'Académie Fontana rosa...Seigneur, que vous êtes devenu beau ! Une certaine mélancolie dans le regard mais c'est ainsi. Vous gagnez en profondeur...

Il restait sans voie, très ému. Il lui tendit un grand bouquet de roses qu'elle alla placer dans un vase puis, lui indiquant un siège, elle alla chercher dans un classeur une vieille coupure de presse faisant état d'un crash aérien sur la ligne Londres Boston. Un certain Niels Lindhardt y était mort...

-Vous voyez il y a bien le jour et l'heure. Et le document, c'est la liste des passagers.

-Vous avez aussi la liste de ceux qui ont pris un vol Londres New York qui lui, est arrivé à bon port.

-Bien sûr, je sais que vous étiez dans cet avion.

-Il n'y a rien que vous puissiez vous reprocher.

-Vous savez bien que si, Niels, vous avez eu ma lettre. Quel rêve fou !

-Peut-être qu'il n'était pas si fou...J'avais ma propre vie, mes désirs qui partaient dans tous les sens, mon ambition. Je voulais éblouir...

-Et comme vous travaillez pour une petite compagnie maintenant, vous pensez ne plus le faire. Moi, je pense que si. Souvent, dans votre vie, ça n'a pas été simple, déjà cet exil à Cannes. Mais votre santé qui s'est dégradée, l'obligation que vous avez eu de vous soigner, cette mise à l'écart...Tout cela peut nourrir un beau travail de danseur et de chorégraphe.

-Ce que je voulais, c'était un vrai envol !

-Et vous pensez ne pas vous être envolé ? Vous savez avant de vous rencontrer j'ai beaucoup rêvé d'un immense oiseau qui traversait le ciel. Je le voyais sans cesse en rêve et il était si magnifique ! Vous avez pris votre envol, Niels, cela est certain. Pensez à ces oiseaux migrateurs qui en supportent tant et arrivent dans des terres d'accueil si lointaines ! Ils souffrent, s'épuisent mais ils y parviennent...Ils restent parfois si longtemps sans se poser et s'ils le font, ils ont la force de reprendre leur envol.

4 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 3. Niels et Webster. Où il est question d'Irène...

 

Webster quitte la France. Retrouvailles avec Niels. Il est question d'Irène...

De retour aux États-Unis, Daniel se rendit directement à San Francisco où il retrouva son compagnon. Celui-ci était content à juste titre. Sa petite troupe se faisait un nom.

-Tu es allé à Paris ?

-Bien sûr, j'y ai vu mes amis.

-Les Américains n'aiment que Paris.

-Je suis allé à Cannes aussi.

Stupéfait, Niels le scruta. Au fil du temps, il avait appris à connaître les tours des Webster.

-Pourquoi Cannes, Daniel ?

-Tu ne le sais pas ?

Le danseur devint d'une extrême pâleur.

-Tu l'as vue alors. Tu lui as fait du mal.

-Non.

Niels hocha la tête.

-Tu dis non comme tu dirais oui. Pourquoi ! Pourquoi ! Ne suis-je pas épris de toi ? Notre vie n'est-elle pas agréable ?

Daniel prit son amant dans ses bras.

-Doucement, Niels, doucement. Tu n'es pas en cause. Il fallait que je la voie. Tout est bien, maintenant.

-Pas en cause ! Elle ne voudra plus me voir. On verra la limite de ton « tout est bien »...

-Tu la verras. Je n'ai pas menti mon amour.

Il y avait de quoi frémir mais Niels, au fil du temps, avait acquis de la force. Après tout, Daniel n'avait pas intérêt à détruire Irène. Il avait dû lui faire peur en la menaçant de le faire...

 

4 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 4. Irène et Daniel après la disparition de Niels.

 

Croyant l'avoir perdu pour toujours, Webster fit une longue dépression dont il sortit épuisé. Il se remit tout de même à écrire et resta à Brooklyn dans ce même appartement qui contribuait désormais à construire son imagerie personnelle. Il était souvent interviewé et pris en photo, affichant sa provocante solitude. Le cinéma lui demandant un travail d'équipe, il finit par s'en écarter. Peu de gens autour de lui ayant connu Niels, il cessa d'en parler à quiconque. Mais il chercha son double dans des étreintes passagères qu'il tenait secrètes.

Irène resta dans le Var où, vivant une existence de recluse, elle accepta de donner de temps en temps des concerts qui restèrent dans les mémoires. Très paisible, elle était aimée de son entourage et des siens qui venaient la voir. Elle avait fait encadrer les photos de leur rencontre à Cotignac et les gardait sur son bureau, à côté d'un grand bouquet de fleurs. Elle ne doutait jamais qu'il était vivant.

Dans le temps même où Irène, en France, trouvait les chemins de la guérison, Daniel Webster continuait de tracer sa route comme écrivain. Sean Forsythe, le privé qui était au centre de ses deux derniers romans, en était la preuve. La quarantaine bien portée, Sean gérait des affaires délicates, de celles qu'on accepte difficilement car les grosses sommes promises par ceux qui veulent vous les confier ne vous arrivent qu'en cas de réussite...

3 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 4. L'homme qui aimait les narcisses.

 

Dans L'homme qui aimait les narcisses, c'était un homme d'une soixantaine d'années, universitaire à la retraite, qui disparaissait. Il avait pourtant une femme, deux grandes filles, une superbe maison perdue dans le Vermont et une bibliothèque pleine d'éditions rares. Il faisait du latin chaque jour, montait à cheval et s'occupait de fleurs. Il avait un très beau jardin, prolongé par une serre et adorait les narcisses. Il fallait des mois et des mois à Forsythe pour réussir à le retrouver. Sous une fausse identité, il vivait au Mexique en compagnie d'un très jeune homme qui lui servait officiellement de domestique. Cette fois, c'était l'Amérique des années soixante-dix qui servait de décor. Michael Epton, intellectuel austère et peu bavard, avait fait tout ce que son pays et ses parents lui demandaient avant de faire tout ce que sa femme et ses enfants voulaient. Une nuit, il avait décidé de ne plus être ainsi fossilisé. Il avait mûri un plan qui lui permettrait de volatiliser sans laisser de traces. Il avait réussi à changer d'identité, à déplacer pas mal d'argent d'un pays à un autre et à brouiller toutes les pistes. Même physiquement, il était méconnaissable...Au bout de plusieurs mois de recherches vaines, Sean avait dû affronter la colère de sa famille. On allait s'adresser à quelqu'un d'autre car l'argent filait quand il était entré en possession d'un carnet intime que la femme d'Epton s'était décidé à lui convier. Jeune homme, il était allé en France comme soldat. Ce qu'il avait vu et fait en Normandie l'avait horrifié et , à ce titre, ses carnets étaient un excellent témoignage qui aurait fait honneur à une revue historique. Mais ce n'était pas cet aspect qui retint l'attention de Forsythe. Epton, encore très jeune, avait été très ami avec un jeune soldat qui avait fini par mourir dans le Maryland, des suites de ses blessures. Il n'était pas très difficile de lire entre les lignes. Ce n'était pas une amitié mais un amour qui avait uni les deux jeunes gens mais on n'était en 1944 et aucun des deux n'était à même de transformer leur relation. En faisant des recherches autour de ce soldat blessé, Sean découvrit qu'il avait une mère mexicaine, certes née aux États-Unis d'une famille bien intégrée mais mexicaine tout de même...A partir de là, il sut mieux orienter ses recherches. Les scènes où il retrouvait Michael Epton et cherchait à le ramener à sa famille étaient très prenantes. Comme dans le roman précédent, voir le terme d'une enquête apportait certes la satisfaction mais déstabilisait aussi. Tant de mensonges et de renoncements...Forsythe en restait ébranlé mais il savait quoi faire. Lire les livres qu'il fallait, acquérir de nouveaux dessins et chercher de jeunes amants...

 

3 octobre 2024

La Nuit de L'Envol. Partie 4. La Solitaire. Daniel écrit.

 

 

La Solitaire était le portrait d'une jeune fille disparue que sa puissante familiale ne parvenait pas à retrouver à New York...Parents antipathiques, frère aux penchants incestueux, fiancé ambivalent qui préférait les aventures masculines, amie d'enfance toxicomane et tordue, oncle avocat qui gérait des affaires louches, tout concourrait à dresser de l'environnement de la jeune fille un portrait inquiétant. Situé juste avant la mort du président Kennedy, l'histoire était riche en références historiques. En pleine guerre froide, au moment où Usa et URSS étaient en compétition pour la conquête de l'espace, Cuba était en crise. Ann, l'héroïne du roman, s'était enfuie en Floride avec un Cubain. Il fallait que Forsythe essuie bien des déboires avant d'arriver à ses fins mais il finissait par remettre la jeune fille à sa famille. Curieuse fin qui le laissait plus désabusé encore qu'il ne l'était au départ. A la fois athlétique et cérébral, Sean était un solitaire lettré et à sa manière un esthète qui, même s'il courait vite et tirait bien et même s'il savait se battre, privilégiait l'amitié masculine et collectionnait discrètement des esquisses de nus masculins. Il était clair que, même si elle ne l'était pas de manière frontale, l'homosexualité était très présente dans le texte. Par ses attitudes, par ses remarques fortuites, Forsythe subissait les conventions de l'époque et devait protéger son image mais on voyait bien qu'au fond il était libre. A l'habitude, les détectives qui sont en première ligne dans les romans sont des gens mariés dont la vie privée reste discrète, des nostalgiques qui pleurent leurs amours perdues ou des solitaires qui, de temps en temps, ont droit à une aventure. Sensuel, charnel même, Sean Forsythe vivait peut-être seul mais il avait des amants épisodiques qu'il voyait dans l'ombre. C'était un hédoniste et, dominé par un tel personnage, le roman était riche en ambiguïté. Écrit avec une grande habileté, il troublait.

 

21 février 2024

Erik N / Le Danseur. Partie 3. Rob Williamson. L'homme qui sait regarder.

Erik N / Le Danseur. Partie 3. Rob Williamson. L'homme qui sait regarder.
Erik hocha la tête ; pourquoi pas, après tout ? Le lendemain, il se rendit chez le photographe. Il habitait une petite maison élégante et fraîche ; son studio photo s'y trouvait. Rob se révéla simple et très professionnel. -Vous connaissez les studios...
18 février 2024

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Un diner à New York. Julian et Erik.

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Un diner à New York. Julian et Erik.
Enfin, Julian revint. Il insista pour qu’Erik et lui se parlent. Il ne voulait pas déjeuner avec lui mais diner. Ce serait plus approprié, selon lui, pour évoquer le film qu’Erik venait de tourner et Kyra Nijinsky. Ils se retrouvèrent dans un restaurant...
18 février 2024

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Erik heureux et Julian meurtri.

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Erik heureux et Julian meurtri.
Le décorateur paraissait d’accord mais au fond de lui, il restait hostile. Cette fille devait être très jolie, mais après ? Les plats arrivèrent. Comme Erik restait rêveur, il le rappela doucement à l’ordre. -Mange : ça en vaut la peine ! Erik rit joliment...
18 février 2024

Erik N / LE Danseur. Partie 4.

Erik N / LE Danseur. Partie 4.
Et puis, elle avait rencontré Julian et elle l’avait tout de suite craint. Dans sa générosité, Erik se moquait qu’elle soit issue d’un milieu simple, mais lui, non. Il la jaugeait… -Alors, cette école ? -Maintenant, ça va mais ça a été un très grand changement....
18 février 2024

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Visite surprise. Julian et Chloe.

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Visite surprise. Julian et Chloe.
Un jour, le téléphone sonna sans arrêt dans le vide ; à l’habitude, Chloe ne prenait pas les appels d’Erik puisque le répondeur le faisait pour lui. Il avait oublié de le mettre en marche : elle décrocha. C’était Julian. -Bonjour ! Ah, c’est mademoiselle...
18 février 2024

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Chloe affronte Julian. Statu quo.

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Chloe affronte Julian. Statu quo.
Il faisait profil bas soudain. Son visage avait cessé d’être dur. Elle entraperçut en Julian un homme et qui, certain d'avoir enfin trouvé l'être qui lui correspond, est effrayé que celui-ci se soit éloigné de lui et lui ait préféré quelqu’un d’autre....
17 février 2024

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Erik, danseur fêté.

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Erik, danseur fêté.
2. Danser, présenter son film, vivre. A New York, Erik poursuit sa carrière au New York City ballet. Il aime Chloé mais revoit Julian et épisodiquement le photographe Rob Williamson. Le film "Le Danseur", qu'il illumine sort... Le temps passant, Erik...
17 février 2024

Erik N / Le Danseur. Partie 4. "Le Danseur" projeté à New York.

Erik N / Le Danseur. Partie 4. "Le Danseur" projeté à New York.
A New York, Erik était moins sûr de lui. Il y avait presque toute la critique cinématographique, de la plus douce à la plus belliqueuse et le monde de la danse, de l'histoire des arts, des musiciens, des chefs d'orchestre, des directeurs de musées et...
17 février 2024

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Présentation du film "Le Danseur". Erik et les journalistes.

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Présentation du film "Le Danseur". Erik et les journalistes.
Les questions s'enchaînèrent sur un ton plus vindicatif que courtois. Peu conscient de son aura pourtant bien réelle, le danseur répondit avec simplicité et précision : -J'ai accepté ce tournage par « jeu » en pensant que je n'aurais ainsi aucun problème...
17 février 2024

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Sortie du film "Le Danseur" et critiques.

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Sortie du film "Le Danseur" et critiques.
Chez lui, au matin, Erik, qui avait dormi avec Chloe, s’étonna qu’elle fût sortie. Elle était allée acheter la presse. Le danseur finit par la retrouver dans sa cuisine buvant un café. Il était encore ensommeillé. -On commence ? -Je ne sais pas, Chloe....
17 février 2024

Erik N/ Le Danseur. Partie 4. Exposition new yorkaise de Williamson.

Erik N/ Le Danseur. Partie 4. Exposition new yorkaise de Williamson.
Quelques mois après la sortie du film, Erik reçut une invitation pour le vernissage de l’exposition que Rob Williamson présentait à New York. Il s’y rendit et fut admiratif. Julian vint avec lui mais ne s’attarda pas. Quand il les vit échanger ensemble,...
17 février 2024

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Julian encourage Erik qui va danser Vestris.

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Julian encourage Erik qui va danser Vestris.
Pourtant, contrairement à ce qu’il avait fait antérieurement, le danseur évitait de moins en moins de voir Julian. Ils se voyaient beaucoup car l’hommage à Vestris et Bournonville, dont la programmation avait été différée, était de saison. Pour diverses...
17 février 2024

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Erik va danser Vestris.

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Erik va danser Vestris.
-Je m’entraîne déjà à tout cela. -Alors, pourquoi être inquiet ? N’oublie pas qu’au dix-huitième siècle, il existait aussi des danseurs comiques qui étaient plus proche des rôles de bouffons dans la Commedia dell’arte. Ceux-ci étaient en général des petits...
15 février 2024

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Vestris.

Erik N / Le Danseur. Partie 4. Vestris.
3. Grands rôles et tentations extérieures. Erik règne sur le New York City Ballet mais il songe, par fidélité à Nijinsky, à une nouvelle orientation de sa carrière. Il irait à Hambourg. Erik fut ovationné pour Vestris. Les critiques furent élogieuses....
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Moi, je sais d'où souffle le vent. Ecrits sur la danse.
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